Sociologie

80% au bac… et après ? de Stéphane Beaud

2 octobre 2017

Hello les coupains !
Je vous donne rendez-vous aujourd’hui pour découvrir un livre d’enquête sociologique de Stéphane Beaud sur l’objectif des 80% de réussite au bac demandé par l’Education Nationale depuis les années 1980.

Le synopsis

« 80 % d’une génération au bac » : ce mot d’ordre, lancé en 1985 comme objectif de l’enseignement secondaire français, fait l’objet d’un consensus politique, satisfaisant le progressisme de la gauche enseignante et le pragmatisme des gouvernements qui ont vu là un moyen de juguler le chômage de masse des jeunes. Ce slogan a nourri les espoirs d’une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particulier immigrées, dans un contexte d’insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre nourri d’une enquête de dix années, Stéphane Beaud raconte, à travers les portraits de jeunes d’un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces « enfants de la démocratisation scolaire », engagés dans la voie incertaine des études longues. Il montre comment ils ont dû déchanter alors qu’ils se voyaient peu à peu relégués dans les filières dévalorisées du lycée et du premier cycle universitaire. L’auteur met ainsi en lumière l’ambivalence de la politique volontariste de démocratisation scolaire : d’un côté, une élévation globale du niveau de formation et une forme de promotion sociale pour certains et, de l’autre, un coût moral et psychologique important, voire dramatique, pour ceux qui se retrouvent fragilisés par leur échec universitaire et confrontés au déclassement social.

Le livre

Il contient 334 pages aux éditions La Découverte. Il se lit rapidement et facilement car il est découpé en plusieurs thématiques. Cela permet une plus grande compréhension du livre. Je le conseille aux élèves en filière ES (Economique et Sociale) et aux étudiants en sociologie (très utile pour le cours de sociologie de l’école au second semestre).

Il aborde ce thème dans un contexte de démocratisation scolaire en 1980-1985 (je vulgarise : c’est quand on permet à toutes les classes sociales d’accéder à l’école). A cette époque, l’école est depuis peu obligatoire jusqu’à 16 ans (loi Haby), gratuite et laïque. On ouvre les filières professionnelles pour augmenter le nombre de bacheliers. L’Education Nationale veut que 80% des élèves inscrit au bac l’obtienne.

Mon ressenti

J’ai tout d’abord remarqué qu’il était facile d’accès. Peu importe si on étudie la sociologie ou non, le vocabulaire n’est pas spécifique et l’auteur réussit à captiver le lecteur avec un contexte que l’on connait : celui des milieux défavorisés, des quartiers etc. Le livre est découpé en plusieurs grandes parties dans lesquelles se divisent des sous-parties.

Ce n’est pas un spoile car on le comprend avec la quatrième de couverture : on ne doit pas rejeter la faute de l’échec scolaire sur les enfants des milieux défavorisés. C’est le système scolaire qui créer cet échec. Attention, ne prenez pas mon propose à l’envers en pensant que du coup, ceux-ci ne peuvent rien faire pour réussir. Il y a bien des moyens mais ils restent difficile à mettre en oeuvre par l’élève : cela se nomme l’acculturation scolaire. Je m’explique : l’enfant d’un milieu défavorisé n’a pas assez de contacts sociaux (capital social) pour utiliser le piston, pas assez d’argent (capital économique) pour se payer des cours particuliers ou aller dans des écoles privées et pas assez de capital culturel (la culture valorisée à l’école est celle des milieux favorisés) pour être dans les meilleures conditions possibles pour réussir. Ainsi, ce qu’il doit faire pour réussir c’est d’adopter la culture scolaire : étudier régulièrement, aller à la bibliothèque, participer en classe, lire des livres en dehors de l’école, chercher des information de lui-même. Autrement dit, l’élève doit rompre avec sa culture du quartier (langage, traîner dehors au lieu d’étudier…) pour avoir les mêmes centres d’intérêt que les classes supérieures (musé, musique variée, savoir dits « érudits »…). Ce sont eux qui sont valorisés à l’école et ce sont eux qui permettent de réussir.

Je ne vous en dit pas plus, le livre l’explique très bien et je ne suis pas moi-même docteur en sociologie. J’espère que je vous ai donné envie d’en savoir davantage sur notre système scolaire, ses failles et ses conséquences.

Vous l’avez lu, aimé ? Dites moi ce que vous en avez pensé en commentaires ! Des bisous à tous !

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2 Comments

  • Reply Morgane 7 octobre 2017 at 10 h 48 min

    Je l’avais oublié mais il va falloir que je le lise tu m’as redonné envie !

    • Reply SpaceBubble_Off 7 octobre 2017 at 15 h 55 min

      Le but accompli ! Merci !

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